Qu’est-ce que la science ouverte ?
La science ouverte est une vision de l’activité scientifique dans laquelle celle-ci est conduite de manière à permettre la libre diffusion des connaissances via l’accès ouvert aux résultats de cette activité, qu’il s’agisse de publications, de données, de logiciels. Cette libre diffusion s’appuie sur deux piliers : la liberté de consultation et la liberté de réutilisation.
La liberté de consultation implique de pouvoir facilement retrouver les publications, données ou logiciels et surtout d’y accéder gratuitement. La liberté de réutilisation, bien évidemment encadrée par le droit d’auteur, renvoie au fait de pouvoir réutiliser ces résultats (notamment les données et les logiciels) sans avoir à demander l’autorisation à un éditeur. Ces deux piliers distinguent l’accès ouvert, constitutif de la science ouverte, du simple accès gratuit (free access) aux publications, concédé par un éditeur qui peut y mettre fin quand il le souhaite par la réinstauration d’une barrière payante.
La généralisation de l’accès ouvert, et donc la suppression des coûts (d’abonnement et de réutilisation) facilite la diffusion des connaissances, et en réaction stimule la recherche. L’accès ouvert des données et des logiciels offre également une possibilité accrue de contrôle des résultats scientifiques.
Quels sont les différentes formes que prend l’accès ouvert aux publications ?
L’accès ouvert, au cœur de la science ouverte, peut prendre différentes formes quand il s’agit de publications. Plusieurs modèles éditoriaux existent, qui sont plus ou moins fidèles à l’esprit de la science ouverte. On distingue classiquement trois modèles (ou « voies ») pour une revue comportant des publications en accès ouvert : la « voie dorée » (gold open access), la « voie hybride » (hybrid open access) et la « voie diamant » (diamond open access).
Une revue « dorée » est une revue entièrement en accès ouvert : chacun de ses articles est librement consultable et réutilisable (dans le respect du droit d’auteur). Cependant, pour pouvoir publier dans une revue de ce type, les auteurs doivent payer des frais, les Article Proceeding Charges (ou APC). Si ces frais de publications sont invisibles aux yeux des lecteurs, qui n’ont pas besoin d’être abonnés, ils peuvent peser assez lourdement sur le budget des établissements de recherche, notamment quand ceux-ci sont situés dans les pays les moins favorisés. En moyenne, les APC montent à environ 2 000 dollars pour un article. En astronomie et en astrophysique, l’accès ouvert passe surtout par ce type de revues : il faut donc être conscient du coût potentiel pour les établissements, même si des accords avec les éditeurs permettent parfois de supprimer ces frais, si l’établissement est abonné à la revue ou en offrant un certain nombre de « droits de publication ».
Une revue « hybride » est encore plus éloignée qu’une revue « dorée » de l’idéal de la science ouverte : elle propose des articles en accès ouvert avec APC mais également des articles accessibles seulement sur abonnement. Dès lors, non seulement le lecteur non abonné ne peut consulter qu’une partie de la revue, mais en plus les établissements de recherche payent en quelque sorte deux fois : d’abord les APC, pour les articles en accès ouvert, mais également l’abonnement à ces revues pour avoir la possibilité de consulter l’intégralité de celles-ci.
Enfin, une revue « diamant » est entièrement en accès ouvert et ne demande pas de frais de publication aux auteurs. Les coûts de fonctionnement de la revue sont supportés différemment, par exemple par une subvention d’un établissement. C’est le modèle qui incarne le mieux l’idéal de la science ouverte, mais il est encore peu présent en astronomie et en astrophysique. En complément, on parle également de « voie verte » (green open access) pour qualifier le dépôt par les auteurs de leurs publications dans des archives dites « ouvertes », comme arXiv ou HAL. Comme la « voie diamant », la « voie verte » est pleinement fidèle à l’esprit de l’accès ouvert, en permettant aux chercheurs de consulter librement les travaux de leurs collègues à travers le monde.
Qu’est-ce qu’une archive « ouverte » ?
Une archive « ouverte » est une plateforme permettant aux chercheurs de déposer leurs travaux, de manière à ce que ceux-ci soient librement consultables et réutilisables par tout le monde, dans le respect du droit d’auteur.
Deux archives ouvertes sont à connaître : arXiv, lancée au début des années 1990 et couvrant les mathématiques, les différentes sciences de la nature et quelques autres domaines (l’économie, la statistique, etc.) ; HAL, lancée au début des années 2000 par le CNRS et couvrant l’ensemble des disciplines scientifiques.
Dans HAL, on peut déposer des travaux de différentes natures : publications dans une revue à comité de lecture, publications dans une revue sans comité de lecture, brevets, cartes, textes d’une intervention dans un colloque, thèses, etc.
Concernant le dépôt de publications dans une revue sur HAL, en fonction de la nature de la publication déposée (preprint, postprint ou « version éditeur »), des obligations potentielles sont à respecter (voir la page Comprendre HAL).

